Impression 3D d’écrous et boulons pour remise en état d’un jeu.
Matière PET blanc/bleu.
Source fichier: Objet Maker
Cette réalisation peut sembler assez simple au premier regard : il s’agit d’une série d’écrous imprimés en 3D destinés à tester un filetage réalisé en impression FDM. Pourtant, ce type de petite pièce constitue un exercice intéressant pour vérifier concrètement la précision d’une imprimante et la possibilité de réaliser directement des assemblages filetés en fabrication additive.
Lorsqu’on dessine un filetage sur un ordinateur, les dimensions sont parfaitement définies. Le diamètre, le pas et la profondeur du filet peuvent être déterminés avec précision dans le modèle 3D. Mais entre la géométrie numérique et la pièce réellement imprimée, plusieurs phénomènes peuvent intervenir.
En FDM, la matière est déposée couche par couche. La buse suit les trajectoires définies par le logiciel de tranchage et chaque couche vient progressivement construire la forme. Pour une géométrie classique, quelques dixièmes de millimètre peuvent parfois avoir peu d’importance. Pour un filetage, ces mêmes écarts peuvent au contraire faire la différence entre un écrou qui se visse correctement et un écrou qui reste bloqué.
C’est précisément pour cette raison que nous avons réalisé ces écrous de test.
L’objectif était de vérifier le comportement d’un filetage imprimé directement en FDM, sans avoir recours à un taraudage mécanique après impression. Le test permet de déterminer si la géométrie prévue dans le fichier 3D est suffisamment adaptée aux possibilités du procédé.
La préparation du modèle consiste d’abord à définir le filetage souhaité. Il faut ensuite tenir compte des particularités de l’impression FDM. Le modèle théorique doit être traduit en une géométrie que l’imprimante pourra réellement reproduire avec la buse et la hauteur de couche utilisées.
Un filet très fin peut notamment devenir difficile à imprimer correctement. Certaines parties de la géométrie peuvent être trop petites pour être reproduites de manière suffisamment nette. Il faut donc parfois prévoir un léger jeu entre les deux pièces afin de compenser les petites variations liées à l’impression.
C’est là que les essais deviennent particulièrement utiles.
Plutôt que de partir directement sur une pièce définitive, plusieurs écrous peuvent être imprimés avec de petites variations de dimensions. Le but est de trouver la géométrie qui offre le meilleur compromis entre précision et facilité d’assemblage.
Une fois les premières pièces imprimées, le test est très concret : on prend une vis ou une pièce filetée correspondante et on vérifie son passage dans l’écrou.
L’écrou doit pouvoir être engagé correctement sur le filetage, puis tourner sans nécessiter une force excessive. À l’inverse, un jeu trop important peut rendre l’assemblage peu précis ou réduire l’intérêt du filetage.
Cette vérification permet donc de confronter directement le modèle numérique à la réalité.
Le comportement du filament joue également un rôle. Le matériau utilisé en FDM peut légèrement se comporter différemment selon les paramètres d’impression. La température, la vitesse, la hauteur de couche et les paramètres d’extrusion influencent la manière dont les petits détails sont reproduits.
Pour un filetage, la régularité des couches est particulièrement importante. Un petit défaut sur une partie du filet peut suffire à rendre le vissage moins fluide.
L’orientation de l’écrou lors de l’impression est elle aussi à prendre en compte. Selon la géométrie et le type de filetage, l’impression peut être réalisée de différentes manières. L’objectif est notamment de conserver une bonne définition du filet tout en évitant des défauts liés à la fabrication des couches.
Après impression, les écrous sont donc contrôlés et testés individuellement. On vérifie leur aspect général, mais surtout leur comportement mécanique lors du vissage.
Il est intéressant de constater qu’une pièce aussi petite peut demander plusieurs essais avant d’obtenir le résultat recherché. Une modification de quelques dixièmes de millimètre dans le modèle peut avoir une influence sensible sur le résultat final.
C’est justement l’un des intérêts de l’impression 3D pour ce type de développement. Les essais peuvent être réalisés rapidement et les modifications apportées directement dans le fichier. Il n’est pas nécessaire de fabriquer un outillage spécifique pour chaque nouvelle version.
Cette méthode permet également de déterminer les limites pratiques de l’impression FDM. Certains filetages peuvent être reproduits directement avec une bonne précision, tandis que d’autres, en fonction de leur taille et de leur géométrie, seront plus adaptés à un usinage ou à l’utilisation d’un insert métallique.
Le test d’écrous n’a donc pas uniquement pour objectif de fabriquer une pièce fonctionnelle. Il sert aussi à déterminer jusqu’où il est pertinent d’aller avec l’impression 3D.
Chez OBJET MAKER, ce type de test fait partie des petites réalisations qui peuvent être particulièrement utiles avant de lancer une série de pièces. Quelques prototypes permettent de valider une géométrie, de contrôler un assemblage et d’éviter de fabriquer plusieurs dizaines de pièces avant de découvrir qu’une dimension doit être corrigée.
Dans le cas présent, les écrous imprimés ont donc servi de pièces d’essai pour le filetage FDM. Chaque test permet de mieux comprendre le comportement du modèle et d’adapter si nécessaire les dimensions du fichier.
L’intérêt est également de pouvoir conserver ces modèles comme références. Une fois les dimensions adaptées à notre procédé d’impression, le fichier peut être réutilisé pour d’autres projets nécessitant le même type de filetage.
Cette réalisation illustre finalement une caractéristique importante de la fabrication additive : la précision ne dépend pas uniquement de la machine. Elle dépend aussi de la conception de la pièce, du matériau utilisé, des paramètres d’impression et de la façon dont tous ces éléments sont combinés.
Un écrou imprimé en FDM est donc bien plus qu’une simple petite pièce. C’est un moyen concret de tester la capacité de l’impression 3D à reproduire une fonction mécanique précise et de déterminer les ajustements nécessaires pour obtenir un assemblage fiable.
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